LE POIDS DES MOTS

 

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« Le poids des mots, le choc des photos » titrait le magazine Paris Match dans les années 70-80.
Si les mots ont toujours eu leur importance, leur signification et leur fonction, leur poids sur la balance mondialisée de la communication est apparu moins capital avec l’avènement d’internet et des applications multimédias offertes par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).
Le « choc des photos » s’est imposé avec la dictature de l’image et de l’instantané : le « buzz », c’est celui parle haut et fort, qui brasse des foules de communicants sur la toile pour mieux attirer les attentions égotiques et attiser les convoitises de la reconnaissance.
Pourtant en 2015, après 20 ans de connectivité, le monde des mots semble reprendre ses lettres de noblesse.
En effet, le syndrome de « déculturation » prend racine dès l’école et c’est une vague d’angoisse et de questionnements existentiels qui s’empare du monde de l’éducation.
Qui doit faire quoi pour nos têtes blondes et brunes dans une République qui parait baisser les bras face à un nivellement vers le bas?
Le ministère qui devrait être celui de « l’Instruction » et non de « l’Education » est en proie à un grand remue méninges sous les voutes célestes d’un mandarinat bolchévique et d’un mammouth à la déroute !
Que deviendront nos futurs cadres, managers et autres décideurs si la pratique de la langue française s’appauvrit et ne cesse de céder du terrain aux anglicismes mondains et aseptisés du marketing linguistique de nos entreprises ?
Comment un étudiant peut il se projeter durablement dans sa vie de citoyen, de travailleur et de futur parent s’il n’est pas conscient qu’ils porte en lui les gènes de sa propre civilisation ?
Que deviendra enfin notre pays d’ici les deux prochaines décennies si nous continuons à laisser s’imposer le paupérisme intellectuel et culturel dans nos écoles, nos villes et nos institutions ?
Romancière d’origine Iranienne, professeur de lettres agrégée à la Sorbonne, Cécile LADJALI souffrait en tant qu’élève de troubles dysorthographiques et faisait partie des mauvais élèves dont on se pose l’éternelle question « que va t’on faire de toi? ».
Résultat vivant de l’intégration à la française, cette « miraculée académique » défend la cause des mots et de la maîtrise du français comme le meilleur ascenseur social pour notre jeunesse.
« Le pouvoir appartient à ceux qui ont les mots » assène t’elle, dans un formidable message d’espoir à l’intention de celles et ceux qui pourraient encore en douter.
Elle parvient à relever des défis extraordinaires à travers des actions concrètes comme faire écrire des pièces de théâtre à des lycéens de Drancy et faire publier un recueil de poèmes à des enfants des cités défavorisées.
Plus humblement, à travers « O Fil des Mots » je souhaite sensibiliser l’opinion publique sur le fait que les mots sont le seul vecteur durable d’une civilisation et que le déclin économique commence par l’appauvrissement culturel.
Et si nous laissions quelque peu de côté les images en tant que dogme illustratif pour redonner aux mots leur véritable sens et sublimer leur saveur à travers les âges et les générations ?
Quelques grammes de finesse sémantique dans un monde brutal ou la « com » s’impose avant tout dans la confusion des genres.
Car si la poésie ne peut rien en temps de guerre économique, n’oublions pas qu’elle est vecteur de paix et de bienveillance.
Le poids des mots peut parfois éviter le grondement des canons.
FLC